
Interview d'Aurélien Poitrimoult, réalisateur de The green hornet .
Propos recueillis par Zast
- Pourriez vous vous présenter ?
Je m'appel Aurélien Poitrimoult, j'ai 29 ans et je suis 1er assistant réalisateur. Le Frelon est mon second court-métrage comme réalisateur.
- Pourquoi avoir choisi comme sujet le Frelon vert (The green Hornet) ? Etes vous fan de la série?
Je ne suis pas à proprement parlé, fan de la série. Mais plutôt nostalgique. En effet cette série m'a fait découvrir Bruce Lee il y a des années. Bien évidemment, si on regarde la série aujourd'hui, il ne reste plus que son coté kitch, mais à l'époque personne n'avait encore vu du kung fu. Ce devait être incroyable. Si j'ai choisi le Frelon, c'est surtout parce qu'au départ, je devais tourner pour Manu Lanzi une bande démo. Puis nous nous sommes prit au jeu et nous nous sommes dit qu'il faudrait que cette bande démo ait tout de même un sujet, une ligne directrice. Donc comme Manu et moi partageons cette culture comics nous avons cherché de ce coté et le Frelon s'est posé comme une évidence. C'est un super-héros qui pratique les arts martiaux et qui évolue dans un milieu "polar urbain". C'est à ce moment que nous nous sommes éloigné de la bande démo initialement prévue pour s'orienter sur un court-métrage à proprement parler.
- Par rapport aux séquences du combat, est ce dû à votre amour du cinéma asiatique ?
Tout à fait, voila encore une culture (que d'aucun appel sous-culture) que nous partageons Manu et moi. Pour moi seul les asiatiques savent filmer un combat donc ce sont les seuls films d'actions qui m'intéressent. D'ailleurs lorsqu' Hollywood aujourd'hui a besoin de scènes de combats qui déménagent ils font appel aux chorégraphes de Hong Kong qui souvent, s'occupent aussi de la réal de ces séquences (yen woo ping, Donny Yen, Sammo Hung pour des films comme Blades 2, Matrix etc...)
 - Où avez-vous recruté les acteurs ainsi que l'équipe technique ?
Dans mon entourage ou par connaissance. Les acteurs sont tous des amis dont certains sont aussi cascadeurs. Ils ont tous travaillé sur de grosses prods comme Danny the dog, Le pacte des Loups etc... J'ai beaucoup de respect et d'admiration pour leur travail. Pour l'équipe technique il en va de même. Ce sont d'abord des amis avec qui il m'est arrivé de travailler sur d'autres films où j'étais assistant.
- N'avez-vous pas eu trop de contrainte lors du tournage ?
Les contraintes étaient liées à la production. Nous nous sommes entièrement auto-produit Manu et moi car les prods ne voulaient pas nous suivre. Comme nous ne somme pas riche, loin s'en faut! il a fallu utiliser le système D. Nous n'avions que 2KW de lumière c'est a dire l'équivalent de 2 Halogènes de salon. Une caméra tri-ccd et un pied rien d'autre.
- Combien de temps a duré le tournage ?
Nous avons tourné le film en deux fois. Une session de deux jours pour la séquence de la bagarre et celle du dojo et a nouveau deux jours pour la course poursuite, le bureau et le générique de fin. La encore, nous ne pouvions faire autrement car nous avions nos engagements respectif sur d'autres films.
 - Combien de temps a duré la post production notamment les effets spéciaux ?
Longtemps, trop longtemps. Un an en fait mais la encore ce n'est pas tant la durée réel qui ne fut pas si longue mais plutôt la disponibilité des personnes qui devaient accorder leur emplois du temps avec ce petit film. Chacun travaillait la semaine et s'occupait du Frelon le Week-end.
- On n'arrive pas à définir le lieu lorsque l'on regarde le court métrage. Où avez-vous été le tourner?
Je suis content que vous n'y arriviez pas car c'est le but recherché. Je voulais créer une ville qui ne soit pas identifiable. Je ne voulais pas quelle fasse ni trop Européenne ni trop américaine. Nous avons tout tourné à Paris en réalité. Une partie dans le 18eme et une partie du coté de Austerlitz sans autorisation ce qui nous value quelques problèmes.
- Pourquoi avoir choisi de le faire en anglais?
Tout d'abord parce que en tant que spectateur, je n'arrive pas a croire en des héros masqués qui parlent français. Au pire je peux croire au fait qu'il soit doublé en français mais ça s'arrête la. Sinon je ne trouve pas ça crédible. Cela provient probablement du fait que nous ne voyons ce type de film uniquement doublé ou sous-titré. Donc j'ai tourné en faisant parler mes acteurs en Anglais puis je les ai fait doubler par de vrais acteurs américains pour que l'accent soit irréprochable. Je voulais aussi faire une version doublé en français mais faute de temps, ça na pas pu ce faire.
- Pourriez vous nous parler du choix de la musique ?
La musique est entièrement originale, elle a été composée par Dominique Légitimus et pour le générique de fin par Blaise Ubaldini. Dominique a joué un grand rôle dans ce film car il fallait une couleur musicale bien précise pour chaque séquence sans que cela fasse patchwork. Là était toute la difficulté. Je voulais quelque que chose de rythmé et d'urbain pour la course poursuite et quelque chose de plus percussif sur la bagarre avec un crescendo qui plus est. Pour le bureau Dominique a proposé quelque chose de clostrophobique, qui allait bien avec l'étroitesse du décor. Le générique de fin devait être un "Canada Dry" du générique originale que j'adore. Il fallait surtout éviter le plagiat mais plutôt être dan la re-lecture. J'ai donc fait appel à Blaise qui vient du jazz ce qui me paraissait adéquat pour ce générique. - Au niveau de la couleur utilisée, est ce pour renforcer le côté mauvais quartier où se déroule l'action ?
Oui c'est cela je voulais une image "sale" pour un quartier sale.
 - D'ailleurs il y a beaucoup de grains sur l'image, pourquoi ce choix ?
Le grain est un choix assumé même si ça gêne un peu je peu vous assurer que sans ça devient de la vidéo. Il faut se rappeler que j'ai tourné en vidéo mais je voulais m'éloigner de ce genre d'image et dégrader en ajoutant du grain faisait partis du processus et ça donnait un coté années 70 un peu usé que j'aime bien. Mais je dois avouer que si c'était à refaire, j'en enlèverai un peu.
- Pourriez vous nous parler des décors et plus particulièrement des superbes matte-paintings utilisés ?
Ca c'est la perle de ce court à mon goût. D'ailleurs c'est en voyant les Matte-Painting de François Ferracci que je me suis dit que c'était "jouable" pour faire un court sans argent et sans moyens. Les Matte-paintings de François agissent comme complément de décors mais ils participent aussi à la création de l'ambiance de ce court-métrage. François à mélanger plusieurs styles d'architecture pour arriver a ce résultat. Je crois que même si j'avais les moyens de faire de gros décors, je continuerai a utiliser les mattes car c'est tout a fait autre chose et j'aime l'ambiance qu'ils créent dans les films.
- Pour les divers angle de vue que vous utilisez (esthétiquement superbe), avez-vous eu des références ?
Disons que j'aime beaucoup Nicholas Ray (la séquence du dojo doit beaucoup à "La maison de l'ombre") et Orson Welles qui à utilisé comme personne la courte focale et la contre-plongée. Je trouve que ça fait toujours un peu prétentieux de sortir de grand noms comme cela, mais je tiens à dire qu'il s'agit d'admiration sans borne qui bien sûr m'influence. Pour la séquence de combat le découpage reste très classique ainsi que le choix des cadres car je trouve que cela permet de mettre en valeur les chorégraphies.
- Que pouvez vous nous dire au sujet des costumes ? Est-ce une conception originale ?
Les costumes sont eux aussi dû au système D. Nous avons acheté certaines choses sur Ebay et d'autres dans des magasins parisiens. Il fallait que ces costumes soient crédibles et pratiques puisque les personnes qui le revêtent doivent courir, ce battre et j'en passe. Nous avons aussi inversé les codes couleurs du costumes de la série à savoir un manteau vert et un chapeau vert que nous avons remplacé par un manteau noir et un chapeau noir, mais des gants vert et un ruban vert autour du chapeau .
 - Pourriez vous nous parler des problèmes juridiques des ayants droit du Green Hornet ?
Les avocats des ayants droits nous ont contacté en cour de production car ils s'inquiétaient de ce que nous faisions. Nous avions mis un trailer très tôt sur internet et c'est sans doute ce qui a mis la puce à leur oreille. Au début j'ai cru à une blague. Quand vous avez un mail en anglais qui vient d'un cabinet d'avocats célèbres et qu'ils vous parlent de votre tout petit court-métrage, comment penser autrement. Puis lorsque j'ai compris que c'était vrai, j'ai eu très peur. Donc avec mon agent nous leur avons répondu que nous faisions un court-métrage et que bien évidemment, puisque j'utilisais un personnage copyrighté je m'en remettais à eux pour savoir ce qu'il fallait faire. Ils ont demandé à voir le film et se réservaient la réponse à l'issue de visionnage. Ils nous ont répondus quelque jours plus tard que c'était OK pour eux a condition de mettre une mention légale en fin de film (ce qui fut fait) et de ne pas en faire d'exploitation commerciale (qui n'avait jamais été prévu.) donc c'est une histoire qui ce termine plutôt bien pour moi.
- Avez-vous quelques anecdotes sur le tournage ?
Et bien le plus mémorable reste la séquence de la course poursuite que nous avons tourné une première fois sous la pluie et la neige. Donc j'ai décidé de faire des retakes et pour cette deuxième journée, nous avons eu de la grêle, de la pluie et de l'orage, et ce même jours nous avons eu quelques ennuis avec la police à qui nous avons fait croire que nous tournions le film d'un enterrement de vie de garçon et que c'était pour cela que nous avions ridiculisé notre camarade en le faisant courir avec un masque et un chapeau. Ils ont fini par rire et on souhaité bonne chance à Manu en l'appelant Batman.
Qu'avez vous eu comme problème lors du tournage sans autorisation près d' Austerlitz ?
Et bien tout d'abords j'ai effectué les repérages alors que la rue était Encore fermée à la circulation et j'ai fais mon découpage en conséquence. Mais lorsque nous y sommes retourné pour tourner elle était ouverte et mon découpage nous obligeait a filmer en contre sens de la circulation ce qui nous a posé beaucoup de problème pour les travellings en moto. Puis des policiers en civil ce sont arrêté et m'ont demandé une autorisation de tournage que bien évidemment je n'avais pas. C'est là que j'ai monté l'histoire du film pour l'enterrement de vie de garçon. Je leur ai dit que comme notre copain aimait les super héros, nous lui faisions passer une journée en super éros et c la que la situation c'est détendue et qu'il ont souhaité bonne chance a Manu Lanzi en l'appelant Batman (lol). Je rappel que c'est ce même jour que nous avons eu, vent, pluie, grêle. Une journée de cauchemar.
- Quels sont vos projets après ce court ? Pensez vous y donner une suite ?
Au début nous voulions faire une suite, mais actuellement je travail sur un nouveau projet. Il s'agit a nouveau d'une adaptation d'un super héros mais encore plus polar avec une énorme scène d'action pour le dernier tiers du films. Pour ce film je voudrais essayer une mise en scène différente plus mobile. Après tout les courts-métrages à mon sens servent à cela, tester, expérimenter, et se faire plaisir.
 
|